Les images des milliers de réfugies pataugeant dans la boue de Slovénie font ici l’ouverture des Journaux télévisés. A l’heure du dîner on découvre, éberlué, ces hommes et femmes prêts à tout pour atteindre la Suède mais surtout l’Allemagne. On en attend quelques 800 000 au total. Alors en quelques semaines la placide et débonnaire Allemagne qui m’était familière, celle aussi du « welcome refugee » s’est transformée en un pays au bord de la crise de nerf. Lire la suite
Archives pour la catégorie société
Après l’empathie pour les réfugiés, l’anxiété gagne l’Allemagne
Une sacrée somme : c’est au moins 10 milliards d’euros que l’Allemagne devra sans doute réunir cette année pour financer l’aide et l’installation des quelques 800 000 réfugiés annoncés. Mais la ministre du travail, la sociale-démocrate Andrea Nahles a mis en garde : seul un réfugie sur dix environ peut être considéré comme directement adapté au marché du travail. Le chômage risque d’augmenter. Lire la suite
Réfugié, un mot qui réveille des souvenirs
Face à la détresse des réfugiés, l’Allemagne a réagi par une vague de solidarité impressionnante. Mais les forces de « l’Allemagne sombre » ne désarment pas, malgré la mise au point de la chancelière Merkel. Les réfugiés, c’est en tous cas un thème sensible qui accompagne l’histoire des familles allemandes…
Les communes dépassées par les réfugiés
Bonn, l’ancienne capitale fédérale, a déjà accueilli près de 1200 réfugiés de 30 nations différentes. Et ce n’est pas fini … ce thème brûlant occupe toute l’actualité. En pleine campagne pour les municipales de la région (le Land) de Rhénanie-du-nord Westphalie, les candidats doivent prendre position. A Bonn l’un d’entre eux est lui-même fils d’immigré. Il était le premier invité par une organisation d’aide aux migrants, Migrapolis, à rencontrer des citoyens. J’y suis allée…
A quoi servent les grands-parents?
La grève dans les crèches et jardins d’enfants allemands bat son plein. Et avec elle, le casse-tête des parents pour faire garder les chers petits. Le meilleur plan c’est sans conteste le coup de main des grands-parents. Dans le débat actuel sur les « retraités profiteurs du système au détriment des jeunes » on oublie volontiers cet aspect…Et tous les parents qui comme moi, n’ont pu en profiter le savent bien…Mais pour autant, la réalité, est-elle aussi idyllique ? Lire la suite
Faut-il aider la Grèce?
Il a beau s’appeler « planet Hellas – the greek modern style » le restaurant grec de mon quartier avec ses caoutchoucs poussiéreux en vitrine ressemble beaucoup à une gargote allemande des années 50-60. Il ne paye pas de mine, mais il est là depuis toujours. Normal en quelque sorte.

Plus de 30% des Grecs vivant en Allemagne sont des petits entrepreneurs. Ils contribuent au dynamisme de l’économie
Pourtant malgré la banalité de la relation entre Grecs et Allemands, rien n’agite autant les passions que le débat sur l’aide à ce pays. Un conseil : évitez ce thème qu’il lors d’un dîner : cela risque de se terminer très mal. Et cela fait six ans que cela dure, aussi longtemps que la crise. Il m’a fallu, je le reconnais, un certain temps pour comprendre le fond du problème en 2008 : « Vous voulez perdre tous vos acquis sociaux ? » me jette à la figure une collègue lors des premiers plans d’aide aux pays en détresse – au premier rang desquels la Grèce. Depuis, les arguments « Nous ne sommes pas la vache à lait de la Grèce » ou « Pourquoi ne payent-ils pas leurs impôts comme tout le monde ? » sont répétés en boucle. Pour de nombreux Allemands la gabegie de la gestion étatique grecque – jusqu’à la manipulation des chiffres présentés en son temps à la commission européenne– est insupportable. Des arguments orchestrés et savamment amplifiés par le journal populiste à grand tirage « BILD ». Lire la suite
Comment vivre avec les réfugiés

« MIGRApolis » à Bonn : un lieu pour se retrouver dans la diversité/fevrier 2015/ photo elisabeth cadot
Des manifestations qui rappellent celles du Ku Klux Klan, et cela en Allemagne … de quoi en avoir un haut-le-cœur. C’est pourtant ce qui vient de se passer en pleine Ruhr – autrefois le cœur de l’industrie lourde et de ses syndicats . Une vingtaine de néo-nazis, pour certains cagoulés, torches à la main et vociférants ont défilé, le 6 février dernier, à la nuit tombée devant un foyer de demandeurs d’asile de Dortmund. Sur leur vidéo en ligne, on ne peut voir que des silhouettes mais les braillements menaçants sont audibles sur la bande-son. Les images diffusées et commentées à la télévision publique (ARD) interpellent…
Solidarité avec Charlie
Le hasard fait mal les choses. Je suis arrivée à Paris, le jour de l’atroce fusillade à Charlie-Hebdo, une fusillade dont a également été victime un courageux policier au nom arabe, – il est bon, hélas, de le souligner en ce moment.
Les premières personnes auxquelles j’ai parlé à ma descente de train, des vendeurs dans un kiosque à journaux de la Gare du Nord, d’origine immigrée, étaient effarés et très inquiets : « cela va retomber sur nous », m’a expliqué la jeune femme noire, tandis que son collègue lui rétorquait : « mais non, ce sont des fous. Il ne faut pas te sentir concernée, sinon, tu es perdue ».
La secousse est immense au lendemain de cet attentat. C’est bien d’ailleurs ce que désirent ces terroristes : nous entrainer dans une guerre des civilisations. Et c’est bien là qu’est le danger. Car d’autres extrémistes n’attendent que cela.
Dans premier temps, la solidarité avec nos confrères est essentielle. Je l’ai vécue hier Place de la République : une foule digne mais sans aucune agressivité s’y était rassemblée spontanément. Il faut continuer sur cette lancée, chacun avec ses moyens. Même s’ils sont aussi dérisoires qu’un stylo ou un crayon. C’est l’exemple de Charlie. Ne les oublions pas…
Roses rouges pour l’Allemagne
Mais que se passe-t-il ? Le président de la République allemande Joachim Gauck avait pourtant déclaré en mai dernier à l’occasion des 65 ans de la loi Fondamentale, la constitution allemande : „Il existe un nouveau sentiment d’appartenance allemand (Wir), c’est l’unité dans la diversité“. Mais aujourd’hui des dizaines de milliers de citoyens allemands descendent dans la rue – à Dresde notamment – dans des cortèges aux noms bizarres, qui font penser à des salons commerciaux, comme Pegida (Mouvement patriotique contre l’islamisation de l’occident) ou Bogida sa version de Bonn. Lire la suite

