Le sort de la prestigieuse maison d’édition française Grasset qui, d’après ses auteurs et autrices, risque de se transformer en instrument de propagande, provoque de nombreuses interrogations. En France bien sûr, mais ailleurs aussi. Les Allemands évoquent une guerre culturelle (Kulturkampf), des auteurs étrangers refusent d’y être édités. Mais au-delà de la dimension politique, ce qui alerte c’est la précarité des auteurs et les autrices. Une proposition de loi est en discussion au Parlement.
Que restera-t-il de ces maisons autrefois prestigieuses, comme Fayard, Grasset, peut-être Stock, une fois vidée de leur substance idéelle, une fois partis leurs auteurs emblématiques ? « La littérature et le cinéma, contrairement à ce qu’on entend souvent, [ne sont] pas qu’une question de divertissement. L’art est peut-être en partie fait pour divertir, mais aussi pour avertir », a déclaré à l’Agence France-Presse le romancier Laurent Mauvigner, prix Goncourt 2025, à Cannes où l’un de ses romans, Histoires de la nuit, est adapté au cinéma. La mainmise de Vincent Bolloré sur les éditions Grasset aprés le limogeage brutal de son directeur général et éditeur hors pair a fait l’effet d’une bombe dans le milieu littéraire francais et même au-delà. Plus de 80 auteurs et autrices ont quitté le navire. Soyons honnêtes, Olivier Nora, ancien directeur général de Grasset, même s’il a été évincé de manière brutale, n’est pas à plaindre : à soixante-six ans, il est normal de passer la main, quant à son salaire mirobolant, un million par an paraît-il, il fait grincer des dents dans un univers où la plupart des auteurs vivotent à peine de leur travail. Mais il est un symbole.
Bataille pour une clause de conscience
Et à cette occasion justement, les auteurs et autrices ont découvert qu’ils ne sont pas protégés comme les journalistes. La « clause de conscience » dont bénéficie cette profession n’existe pas. Il n’y a pas non plus de « droit de retrait. » L’éditeur devenu propriétaire des droits est censé protéger de toute prédation les écrits qu’il publie, jusqu’à soixante-dix ans après la mort de l’auteur. Mais personne ne semble s’inquiéter de la situation où c’est l’éditeur lui-même qui pose problème. Or les nouveaux temps ressemblent beaucoup aux anciens et l’on croirait presque entendre l’éditeur Dauriat qui déclarait sans vergogne dans les Illusions perdues de Balzac : « Un livre n’est pas pour moi un trésor d’esprit, mais une marchandise à vendre. »
L’édition en mauvaise forme
En réalité au-delà du problème idéologique que pose la mainmise de Bolloré sur ces grandes maisons d’édition, c’est tout l’écosystème de l’édition qui est à la peine. Et avec lui, la vie d’auteurs ou autrices, particulièrement précaires. Les contrats négociés entre écrivain et éditeur sont individuels et si une poignée d’auteurs connus est en situation de négocier, la majorité ne l’est pas. Les auteurs ou autrices publiés par Grasset par exemple étaient pour certains très connus. Leurs à-valoir étaient d’ailleurs substantiels. Mais les voilà menacés à leur tour. Grâce à leur détermination, au poids de leur voix, la situation juridique précaire de l’ensemble des auteurs et autrices est sur la sellette. C’est urgent.
Un revenu pour les auteurs et autrices
A l’Assemblée nationale , les rapporteuses d’une » mission flash » Soumya Bourouaha (élue communiste de Seine-Saint-Denis) et Camille Galliard-Minier (élue Renaissance de l’Isère), rappellent que, « sur 357 000 artistes-auteurs qui exercent en France, seuls 109 000 vivent principalement de leurs droits d’auteur ». L’Urssaf Limousin précise que 60 % d’entre eux gagnent moins que le smic annuel, et 43 % sont sous le seuil de pauvreté. Le 7 mai dernier d’ailleurs un collectif de plus de 600 autrices et auteurs a donné de la voix dans une tribune au Monde . « Aujourd’hui, nous exigeons une nouvelle « loi Jean Zay », modernisée et adaptée aux conditions actuelles de l’exercice de nos professions », réclament ces auteurs et autrices. C’est une référence au projet de loi Jean Zay du 13 aout 1936, qui avait pour objectif de donner un contrat d’auteur et un droit d’édition aux auteurs et autrices. Rappelons au passage que le député Jean Zay a été assassiné par l’extrême droite. Un pays peut à cette occasion servir de modèle aux députés, la Belgique. Le gouvernement y a mis en place un revenu de remplacement pour les artistes-auteurs, qui se situerait entre 1440€ et 1635€ par mois. Certaines conditions d’obtention sont néanmoins exigées.
Les librairies à la peine aussi
Pour autant, c’est bien le lecteur qui aura le dernier mot. Va-t-il par exemple boycotter les nouveaux ouvrages de chez Grasset ? Et que feront les libraires ? La réalité, c’est que chaque année, entre 60 000 et 80 000 livres sont publiés en France. La plupart se vendent en librairies, qui elles aussi sont à la peine. Elles ne disposent que d’une marge très faible, 1% en moyenne d’après le Syndicat de la librairie, ce qui en fait le commerce de détail le moins rentable. Autant dire que les autrices et auteurs doivent livrer une bataille acharnée afin d’obtenir une petite place en librairie. C’est donc bien d’un écosystème très fragile dont nous parlons, d’autant plus que le temps de lecture tend à diminuer.
Petit éditeur, auto-édition, les solutions pour publier
Sur cette toile de fond très sombre, quelques solutions apparaissent. Bien entendu, chaque auteur et autrice peut chercher un éditeur indépendant, loin des enjeux cruciaux du secteur. Mais surtout , l’auto-édition permer de publier et d’éditer ses propres écrits en toute liberté, grâce à des plates-formes comme Bod ou Librinova qui mettent leurs outils informatiques à disposition contre une faible rémunération. Certes, on y trouve de tout car il n’y a pas de contrôle éditorial, mais l’auteur ou l’autrice garde l’entière propriété et disposition des droits sur son manuscrit, ce qui, on le voit, n’a pas de prix. C’est cette liberté qui m’a convaincue de publier mon second ouvrage, le policier Silence de mort dans le Golfe, sur la plate-forme Bod. Comme un potier qui fait tourner l’argile pour aboutir à sa création, mon roman a été réalisé avec ma plume et publié artisanalement. Cher lecteur ou lectrice, à vous de vous s’en saisir, s’il vous désirez. © EC
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A lire : Silence de mort dans le Golfe En vente chez tous les libraires sur commande, y compris à la FNAC ou chez Thalia. Et sur les plate-formes numériques Amazon, Kobo, librairie Bod.fr (Prix 10,99€)
Rien de mieux qu’un polar pour découvrir la Bretagne, terre de secrets ! Deux meurtres en quelques jours dans une famille d’ostréiculteurs : ce n’est pas banal. Surtout dans une région tranquille du Golfe du Morbihan. La commandante de gendarmerie Nathalie Dumoulin est sous pression. Les médias s’impatientent, le procureur aussi. L’affaire fait grand bruit jusqu’à Paris. Au milieu de cet imbroglio, le cœur de la commandante Dumoulin bat la chamade tandis qu’à la gendarmerie les rivalités éclatent. Saura-t -elle s’affirmer ? Elle en doute parfois mais on aurait tort de la sous-estimer.
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